Rochers de la Vallée d’Aoste

Ils se trouvent à l’entrée du jardin et font immédiatement pénétrer le visiteur dans l’environnement typique de ces montagnes, où sont réunies les espèces les plus rares et intéressantes du milieu alpin de haute altitude. Parmi celles-ci, on trouve de nombreux exemples d’endémisme, c’est-à-dire de plantes qui, isolées des hautes montagnes et dansune situation climatique différentes, se sont différenciées de manière autonome des espèces qui les ont générées.

Ici, on trouve le Leontopodium alpinum : l’Edelweiss, que tous connaissent et que nombreux pensent, de façon erronée, être la fleur la plus rare de nos montagnes. Vous pourrez aussi admirer des fleurs moins connues, mais encore plus difficiles à rencontrer comme l’Eritrichium nanum, petit myosotis des moraines, ou le Lilium martagon, avec son air royal, appelé Lis Martagon – emprunt probable au turc « martagân », sorte de turban -, qui s’impose à la vue et se remarque facilement lorsqu’on le croise dans la nature. En faisant le tour des premiers rochers, devant le chalet, on remarquera, parmi les fleurs rares, la Centaurea triumfettii, un gros bleuet de montagne.

Rares et d’une grande beauté, on trouve également : le Lychnis alpinea, qui pousse sur les pâturages alpins, aux plus hautes altitudes ; le Lychnis flos-jovis, typique des environnements plus secs mais à altitude plus basse ; la Campanula thyrsoides et, très rare, la Paeonia officinalis qui, dans la Vallée d’Aoste, ne se trouve aujourd’hui que dans deux zones inaccessibles de la basse Vallée. Enfin, pour ne pas trop rallonger la liste, nous pouvons également citer l’Aquilegia alpina,ainsi que le génépi, duquel sont utilisées deux espèces dans un but aromatique : le « mâle » et la « femelle », utilisées comme digestifs, respectivement situés sur les versants italien et suisse des Alpes. Ces espèces sont protégées et leur cueillette est réglementée.

Autour des premiers rochers, vous aurez déjà remarqué la présence de panneaux de couleurs différentes. Le code des couleurs utilisé dans le jardin reflète certaines des caractéristiques botaniques des plantes indiquées : le jaune indique les espèces présentes en Italie, le blanc indique les espèces exotiques, c’est-à-dire n’existant pas en Italie, tandis que le rouge indique les espèces vénéneuses ou aux propriétés officinales, indépendamment de leur provenance.

Image de couverture : ©Antonio Furingo

 

 

Schede piante: Vallée d’Aoste

Famille: THYMELAEAECEAE

Nom commun: Fior di stecco

C’est un petit arbuste qui fleurit dès que la neige fond.
La plante mesure de 30 à 70 cm, sa tige est érigée et ramifiée, et son écorce est d’une couleur grisâtre. Les feuilles sont simples, entières et alternes ; elles se développent après la fleuraison. La fleur se compose de 4 pétales réunis en tube à la partie inférieure.

Le fruit du bois-gentil est une drupe rouge brillant d’environ 1 centimètre de diamètre. Ingérée, elle est très toxique pour les mammifères, mais pas pour les oiseaux.

L’arbuste fleurit entre avril et juin ; il vit dans les bois, les pâturages et les lieux pierreux, de 500 à2600 mètres et il est fréquent dans la Vallée d’Aoste et dans les Alpes.

Famille: SCROPHULARIACEAE

Nom commun: Digitale gialla minore

La Digitalis lutea appartient à la famille des Scrophulariaceae. C’est une plante pérenne, qui peut mesurer de 50 à 100 centimètres de haut. Ses feuilles ovales sont lancéolées, les limbes sont dentés et plus grands que ceux situés le long de la tige. L’inflorescence est formée de nombreuses fleurs jaunes, qui ressemblent à des clochettes, presque toutes tournées dans la même direction. La digitale jaune vit dans les clairières, de 800 à 1600 mètres d’altitude, et peut être admirée en fleur entre juin et juillet.

Cette plante possède des vertus cardiotoniques : ses principes actifs agissent sur le muscle cardiaque. Les préparations ne doivent être administrées que sur prescription et sous contrôle médical continu, car les médicaments à base de digitaline peuvent causer des intoxications et des empoisonnements. Elle contient une substance, la digitaline, qui n’est pas encore synthétisée en laboratoire.

Très similaire, la Digitalis purpurea est une plante bisannuelle. Elle est un peu plus haute et ses fleurs couleur pourpre sont tachées de blanc. Elle pousse spontanément et exclusivement dans les bois de Sardaigne et de Corse, mais elle est cultivée pour son importante concentration en principes actifs, présents dans l’espèce spontanée que nous possédons. Toutes les digitales sont toxiques.

Famille: SAXIFRAGACEAE

Nom commun: SASSIFRAGA MUSCHIATA

Sinonimo: Saxifraga exarata subsp. moschata (Wulfen) Cavill.

Plante à la tige plus ou moins glanduleuse ou presque glabre, ses feuilles sont obtuses, à l’état sec, avec des nervures peu profondes, et sont entières ou divisées régulièrement en 3 à 5 lobes linéaires. Les pétales sont vert jaunâtre, rarement blancs, rose, ou pourpre foncé), la fleuraison survient entre juillet et août.
L’espèce est très commune dans toute la Vallée d’Aoste, où on la trouve dans les pâturages, sur les rochers ou sur les clapiers.

 

© 2018 Fondazione Saussurea Onlus